HISTOIRE DE LA CAPOEIRA : DU 16ÈME AU 19ÈME SIÈCLE

 

A partir du 16ème siècle et jusqu’à la moitié du 19ème, près 4 millions d’africains furent déportés au Brésil pour travailler comme esclaves. Les tribus africaines étaient pourchassées loin à l’intérieur des terres afin d’être capturées et revendues aux colonisateurs portugais. Les captifs traversaient l’océan stockés dans les bateaux négriers et étaient débarqués aux ports de Rio de Janeiro, Recife ou Salvador de Bahia. Les esclaves servaient de main d’œuvre pour les plantations de canne à sucre.

Résistance dans les quilombos

Contrairement à ce que l’on pense parfois, les esclaves n’acceptèrent pas passivement leur captivité. L’histoire du Brésil est marquée par la résistance des esclaves contre leur vie de servitude. Ceux qui parvenaient à s’échapper des “senzalas” (quartiers des esclaves dans les plantations) se regroupaient dans des lieux difficiles d’accès dans les forêts de l’arrièrepays : les “quilombos”. Bien cachés et défendus, ces villages et villes de fugitifs pratiquaient un mode de vie communautaire et renouaient avec les coutumes africaines. Le plus grand quilombo s’est formé vers 1580 dans l’Etat de Alagoas à Palmares et comptait à son apogée au moins 30 000 personnes éparpillées dans des petites agglomérations (les “mocambos”) mais rassemblées autour du roi, le Ganga Zumba.

Zumbi dos Palmares

Dans l’histoire du Brésil, le Quilombo de Palmares et son leader Zumbi dos Palmares sont des symboles de la résistance des Africains contre l’esclavage. Zumbi, neveu du Ganga Zumba, n’accepta pas que soit signé un accord de soumission avec les Portugais :

“Les sanctuaires de Palmares seront délogés. Tous ceux qui y sont nés sont déclarés libres. Ceux qui portent la marque du feu incandescent redeviennent la propriété privée de leurs maîtres.” Zumbi se souleva contre ce qu’il considérait comme une trahison du roi et mena une résistance acharnée pendant 15 ans, jusqu’à ce que les Portugais parviennent finalement à disperser le quilombo, en 1695.

Des hypothèses sur les origines de la capoeira

C’est dans ce contexte que la capoeira apparaît au Brésil. Concernant son origine précise, il n’y a pas de certitude.

Certains pensent que la capoeira est l’évolution d’une forme de lutte importée d’Angola par les esclaves. D’autres soutiennent qu’elle s’est développée dans les quilombos du Brésil pour prendre part aux combats de rue ou se défendre contre les esclavagistes, d’autres encore qu’elle était le divertissement des esclaves travaillant sur les marchés de Rio. Il est difficile de vérifier ces théories. Néanmoins, il est incontestable que la capoeira possède des racines africaines tout en étant un art spécifique du Brésil, inconnu dans d’autres pays qui exploitèrent également les esclaves. Après l’abolition de l’esclavage, la capoeira resta associée aux esclaves et à leurs descendants appartenant généralement aux couches économiques les plus basses.